Header image alt text

Les soeurs Missionnaires de Notre-Dame d'Afrique

Accueil  >  

Colloque sur les esclavages contemporains, 19/10/2013

brisons les chaines des esclavages contemporains

Colloque sur les esclavages contemporains – 19 octobre 2013

4 tables rondes :
1- Migrants et exploitations
2- Traite des êtres humains
3- Enfants esclaves-enfants soldats
4- Accaparement des terres

migrants Les 18 et 19 Octobre 2013,
les Missionnaires d’Afrique (Pères Blancs)
et les Sœurs Missionnaires de Notre-Dame d’Afrique (Sœurs Blanches) ont voulu célébrer
le 125ème anniversaire de la campagne anti-esclavagiste

menée en Europe par le Cardinal Lavigerie,
(1825-1892) leur fondateur,

par l’organisation d’un colloque sur les esclavages contemporains.Ce colloque s’est tenu au Palais du Luxembourg, siège du Sénat.

 Ils n’ont pas souhaité faire de cet événement une simple commémoration mais
« frapper l’opinion publique par une journée de prise de conscience
des formes encore actuelles d’esclavages »
.

Ils ont pour cela associé à leur démarche
« d’autres instituts religieux,
des ONG et des organismes divers
qui, comme eux, entendent promouvoir
le respect des droits de l’homme
et la dignité de tout être  humain… »

Ont donc participé à cette journée outre les représentant(e)s
des Missionnaires d’Afrique
et des Sœurs Missionnaires de Notre-Dame d’Afrique,
le DEFAP : Service Protestant de Mission ;
le RCI : Réseau Chrétien Immigrés ;
le BICE : Bureau International Catholique de l’Enfance ;
Aux Captifs, la libération : au service des personnes de la rue ;
le Réseau Foi Justice Afrique Europe qui rassemble 70 instituts ;
le MIR : Mouvement International pour la Réconciliation, mouvement œcuménique ;
les Sœurs du Bon Pasteur ;
les Champs de Booz : pour l’aide et le soutien aux femmes seules, demandeuses d’asile et rassemblant 25 congrégations religieuses ;
le CCFD : Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement
et la Fraternité Franciscaine.

tous les logos des organisateurs du colloque

 

  Le 18 Octobre,
une veillée de prière œcuménique
(voir page du site)
s’est tenue en soirée, dans la crypte de l’église St Sulpice,
là même où le Cardinal Lavigerie avait lancé son premier appel,
avec chants, lectures, en particulier des textes des prophètes Isaïe, Amos, de St Paul, dénonçant les injustices de leur temps, ainsi que du Cardinal Lavigerie et de Nelson Mandela, entrecoupés de temps de silence.

La journée du 19 Octobre
fut très dense. Cette date a été choisie en raison de la journée européenne contre la traite des êtres humains, célébrée le 18.
Après le mot d’accueil du Père Vuillemin et le rappel historique de la campagne anti-esclavagiste du Cardinal Lavigerie par le Père Ceillier ont débuté les Tables Rondes.

 

 
Migrants et exploitations

Le premier sujet abordé s’intitulait : MIGRANTS ET EXPLOITATIONS.

Il sera développé par trois intervenants :
Mme Micheline Bochet-le-Milon du GADEM :
Groupe antiraciste d’accompagnement et de défense des étrangers et migrants,
association de droit marocain créé en 2006,
Mme Jaklin Pavilla, adjointe au maire à St Denis
et directrice adjointe du Service National de la Pastorale des Migrants et
Mr Daniel Grandclément, écrivain, journaliste-reporter, ancien de TF1, FR 3 et A2.

Mme Bochet-le-Milon Mme Bochet-le-Milon est installée au Maroc, voie de passage privilégiée des migrants sub-sahariens pour l’Europe et pays d’installation par défaut, suite aux lois européennes restrictives concernant l’immigration et à la politique de voisinage des états amis pour arrêter les migrants et protéger l’Europe ! Les Sub-Sahariens viennent surtout des zones de conflit : Nigeria, Côte d’Ivoire, République Démocratique du Congo, ou pour des raisons économiques : Mali, Sénégal, Ghana. 77% d’entre eux sont des hommes jeunes,  dont 20% de formation universitaire, les femmes sont souvent exploitées sexuellement, un grand nombre d’entre elles sont  enceintes, doivent  se cacher dans les forêts. On compte de 200 à 300 enfants mineurs par an, en tout, il s’agirait  de 10 000 à 15 000 migrants par an.  Le sport est aussi souvent  occasion d’exploitation à cause des contrats à renouveler chaque année.

Mme Jacklin Pavilla,
originaire de Guadeloupe,
nous a rappelé les deux siècles d’esclavage aux Antilles
suivis de la colonisation
et a insisté sur la réappropriation de la mémoire.
Elle a aussi cité l’exploitation des migrants en Europe.

  Mme Jacklin Pavilla
Mr Daniel Grandclément nous a montré quelques minutes
d’un reportage poignant qu’il a réalisé sur « Les martyrs du Golfe d’Aden. » Partant de Bossasso, en Somalie, il a traversé la mer 3 jours durant jusqu’aux côtes yéménites, en compagnie d’émigrants africains, sur leur embarcation de fortune. Bossasso, presque à la pointe de la Corne d’Afrique, est une zone d’attente pour des milliers de migrants venant de la Somalie ou d’Ethiopie. Chassés par la faim et la misère, ils aboutissent dans cette ville violente livrée au pouvoir des clans. Ils risquent leur vie durant la traversée, entassés de façon inhumaine, 128 passagers pour 10 mètres, sans boire ni manger, battus et torturés à répétition par les 8 passeurs qui veulent étouffer dans l’œuf tout risque de révolte. Certains sont jetés à l’eau en pleine mer pour toutes sortes de raisons, de toutes façons ils le seront brutalement à 200 mètres du rivage. Beaucoup ne savent pas nager et meurent noyés. Le reportage qui a été diffusé par Thalassa, peut être vu sur Internet.
 

 

La traite des êtres humains

La deuxième Table Ronde avait pour thème : la TRAITE DES ETRES HUMAINS.

Ont successivement pris la parole :
Nicolas Le Coz, officier de gendarmerie et président du GRETA : Groupe d’Experts contre la Traite des Etres humains, institué par la Convention du Conseil de l’Europe en 2005. Il comprend 40 états membres ;
Yves Charpenel, juge, procureur, aujourd’hui Premier Avocat Général près de la Cour de Cassation ;
Yao Agbetse membre du BICE : Bureau International Catholique de l’Enfance,
Marie-Hélène Halligon, religieuse du Bon Pasteur.

Nicolas Le Coz divise son discours en deux parties :
les obligations et les difficultés.

Dans le cadre juridique de référence, la traite des êtres humains y est définie comme « le recrutement, le transport, le transfert, l’hébergement ou l’accueil de personnes, par la menace de recours ou le recours à la force ou d’autres formes  de contrainte, par enlèvement, fraude, tromperie, abus d’autorité ou d’une situation de vulnérabilité, ou par l’offre ou l’acceptation de paiements ou d’avantages pour obtenir le consentement d’une personne ayant autorité sur une autre aux fins d’exploitation. L’exploitation comprend, au minimum, l’exploitation de la prostitution d’autrui ou d’autres formes d’exploitation sexuelle, le travail ou les services forcés, l’esclavage ou les pratiques analogues à l’esclavage, à la servitude ou le prélèvement d’organes. »

 

Nicolas Le Coz 
enfants soldats

 

  Il y a donc nécessité d’intégrer toutes ces infractions dans le Code pénal et de prévoir des mesures de répression. Nécessité aussi d’établir des mécanismes de coordination : police, magistrats, police aux frontières ; de formation des agents publics, des magistrats du siège, en vue de l’identification des victimes. Prévoir aussi un système d’assistance aux victimes avec une « période de rétablissement » de 30 jours pour leur laisser le temps de la réflexion en vue de porter plainte ou non, étant données les   conséquences possibles.

Antislavery logo

 Les difficultés proviennent d’un manque d’éléments dans le Code pénal ou quand les états oublient d’aggraver les sanctions, de protéger les témoins, parfois même la législation n’est pas mise en application, la période de rétablissement n’est pas connue des victimes, et le système de collecte des statistiques n’est pas au point. On note aussi la difficulté de l’indemnisation des victimes.

Yves Charpenel,  nous donnera des exemples concrets.
Aujourd’hui, 150 jeunes filles vendues, tatouées au poignet avec code barre, « exercent » en forêt de Montargis.
Chaque femme rapporte 150 000 Euros par an au souteneur. En Malaisie, un garagiste a établi qu’après 10 lavages de voiture, le client a droit à une passe. 85 % d’enfants de 6 mois à 18 ans seraient vendus. En France, 60 réseaux d’organisation criminelle sont démantelés chaque année.

Yves Charpenel 
Campagne anti-esclavagiste du Cardinal Lavigerie Les trafiquants exercent 5 métiers :
recruteurs,
passeurs,
hébergeurs,
surveillants,
blanchisseurs d’argent en vue de réinvestissement.
Les recruteurs sont souvent des membres du clan ou de la famille, les lieux de provenance sont les Balkans, la Chine, l’ Afrique anglophone, l’Amérique du Sud. On peut aussi acheter des bébés Roms sur le Net.La prévention devrait s’exercer au niveau de l’opinion publique, des victimes, pour les dissuader, au niveau des États pour renforcer la coopération.
Un souhait : développer les partenariats entre ONG et États.

Marie-Hélène Halligon, sœur du Bon Pasteur, nous a présenté l’association RENATE :
Réseau des Religieuses en Europe
contre le Trafic et l’Exploitation,
créé en 2009 par un groupe de religieuses.
Il comprend aujourd’hui 75 religieuses de 15 pays d’Europe.
Son siège est aux Pays Bas.
Voici son site : www.renate-europe.net

 
Yao Agbetse Yao Agbetse du BICE travaille en partenariat avec les Salésiens et d’autres congrégations religieuses particulièrement au Togo. Ses axes d’intervention sont : la prévention, la protection et la poursuite. Son action comporte plusieurs aspects : soutien scolaire, formation professionnelle, accompagnement psychologique des victimes, réinsertion des enfants dans les familles, suivi de la réinsertion. Il a beaucoup insisté sur l’enregistrement des naissances, à défaut par un jugement supplétif, sinon l’enfant n’existe pas. Il a aussi utilisé les media pour sensibiliser l’opinion publique à la situation des « petites bonnes » dans les familles.

 

Enfants soldats-enfants esclaves

Les intervenants de la troisième Table Ronde intitulée ENFANTS ESCLAVES-ENFANTS SOLDATS :

  Augustin Nkundabashaka, membre du Conseil d’administration du MIR :
Mouvement International de la Réconciliation,
Valérie Thorin de la revue protestante Mission et
Dominique Torrès, journaliste-reporter à France Télévision.

Augustin Nkundabashaka  et Valérie Thorin
nous parleront surtout des enfants soldats recrutés dans les pays en conflit par les armées rebelles souvent. On en compte dans 41 pays dont l’Australie ! C’est un phénomène mondial et non seulement africain. Un enfant soldat est un combattant de moins de 18 ans. L’enfant est facile à recruter, ne coûte pas cher, est bon espion, efficace en forêt (peut se cacher facilement) l’enfant ne mesure pas le danger, il peut donc être posté en première ligne, est malléable, kamikaze pour la cause, s’engage parfois volontairement par fascination pour le métier des armes ou pour venger la mort d’un proche.

 
Enfant soldat Augustin NNkundabashaka insistera sur l’engagement des enfants soldats au Burundi, son pays, là où les minuscules parcelles de terrain ne nourrissent plus les familles et où les enfants émigrent dans les  villes où ils restent désœuvrés. Il nous citera aussi quelques pays où les enfants sont actuellement recrutés : Nigeria pour Boko Haram, le Mali, la Région des Grands Lacs avec M23, l’Afghanistan, les FARC entre autres.

La réhabilitation des enfants soldats est difficile. Ils ont vécu trop d’expériences traumatisantes, il est impossible de les intégrer dans une classe scolaire normale, car ils ont besoin d’aire libre, de bouger. Un environnement spécial avec langage corporel leur est nécessaire. L’autre recommandation soulevée est le commerce des armes qui est à déplorer. La France vend des armes sous contrôle, oui, mais ensuite à qui sont-elles revendues ?

  Dominique Torrès se concentrera sur l’esclavage domestique et citera des chiffres : 113 Millions dans les entreprises, 65 millions en Afrique, 15 Millions entre 5 et 15 ans chez les particuliers. Les enfants n’ont aucun droit, sont souvent utilisés pour les tâches les plus dures, les jeunes filles sont souvent esclaves sexuelles. Jusqu’à 2003, il n’était pas fait mention d’esclavage dans le Code Pénal, une loi  a été votée au Sénat, mais n’est pas appliquée. En Mauritanie, l’esclavage a été aboli 3 fois ! Il demeure, il serait, paraît-il, inscrit dans le Qur’an. Les esclaves voyagent, on trouve des « petites bonnes » au Maroc.

Pour ‘Envoyé Spécial’, Dominique Torrès a fait un reportage sur le Liban où l’on reporte le suicide d’une jeune domestique chaque semaine, elle a aussi écrit un article dans ‘Le Monde’ pour alerter l’opinion. Elle a reçu 350 lettres d’insultes de la part de Libanais lui reprochant de ne pas faire la part des choses. D’après elle, sur 10 familles libanaises 2 ou 3 ont une attitude correcte, 2 ou 3 se comportent très mal, le reste est dans la moyenne. Il faut ajouter que le Code du travail n’inclut pas le travail des domestiques, il n’y a donc pas de  poursuite.

Dominique Torrès a fait ensuite témoigner sa belle-fille Diana,
retenue pendant 18 mois comme domestique, contre son gré,
dans une famille algéro-tunisienne
rencontrée à l’aéroport en France,
alors qu’elle y venait pour une semaine de vacances.
Témoignage très émouvant et relaté dans les larmes !

Diana

Accaparement des terres et ses conséquences

Pour la 4ème et dernière Table Ronde intitulée ACCAPAREMENT DES TERRES ET SES CONSEQUENCES

les intervenants étaient :
Jean-François Faba du DEFAP : Service Protestant de Mission,
où il a travaillé durant 10 ans et Pasteur de l’Église Protestante Unie de France ;
Guy Aurenche, fondateur de l’ACAT et actuellement président du CCFD : Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement
et membre de plusieurs autres organisations
et Laurent Grzybowski, journaliste à ‘La Vie’.

Guy Aurenche commence par donner quelques exemples de situations. Exxon s’installe en Equateur, est expulsé en 1995, mais part en laissant la terre imbibée de  pétrole. Luis, paysan doit quitter la terre-mère pour s’installer en ville et devenir   moto-taximan. Ailleurs, à cause de l’extraction de minerai, le sang des enfants est plombé. Une femme veuve, à Goma (RDC) dépossédée de sa terre se retrouve seule et sans ressources avec ses enfants à charge.

 Guy Aurenche.
Afrique pompe 200 millions d’ha dont 134 en Afrique sont détournés de leur fonction et dédiés à des monocultures d’exportation, (78%) à la production d’agro carburants et de plus en plus à la spéculation foncière, entrainant la prolétarisation de  la population. Dans la logique de notre système économique, l’économie est esclave de la finance. D’où les conséquences : expulsion des paysans de leurs terres, prolétarisation de la population, répression, tortures parfois, désagrégation culturelle et spirituelle.

Guy Aurenche fera quelques propositions pour associer dénonciation et action. Les textes législatifs doivent être impératifs, les Eglises chrétiennes au premier rang pour la dénonciation et l’action dussent –elles renoncer à d’autres activités, être aiguillon, nouer des partenariats avec les non-chrétiens. Souvent les investissements publics servent des intérêts privés, oser demander des comptes aux sénateurs.

Jean-François Faba commence par nous rappeler que « l’accaparement des terres » est un phénomène à la fois nouveau et aussi ancien que l’humanité: toutes les conquêtes et colonisations sont passées par la prise et l’occupation des terres, plus ou moins accompagnées de violence au profit du plus fort. « La nouveauté tient à deux caractères : cet accaparement se présente d’une manière moins agressive, c’est désormais un contrat commercial. Il est conduit par des Etats qui se préoccupent de nourrir leur population à long terme, comme l’Arabie Saoudite, la Chine, l’Inde, soit par des entreprises privées qui développent une agriculture industrielle. Dans un pays pauvre, où la population est fragile, les paysans sont chassés de leur terre ancestrale, dépossédés de leurs moyens d’existence et n’ont d’autre choix que de s’employer comme ouvriers agricoles dans les plantations devenues gigantesques. » (cf. revue Mission N° 234, Octobre 2013 p. 8 et 9. Ce numéro est entièrement consacré aux Nouveaux Esclavages).  
terre Jean-François Faba nous cite ensuite l’exemple des Tobas du Nord de l’Argentine chassés de leurs terres à la fin du XIXe siècle pour permettre à 4 millions de colons venant d’Europe de s’y installer. Le peuple Toba non seulement perd sa terre, mais aussi sa culture, s’appauvrit. Il fut reconnu officiellement par l’Etat argentin en 1963, une partie de ses terres fut rétrocédé. Les Églises protestantes entreprirent alors un travail de reconquête par l’apprentissage de la lecture, de l’écriture, dans les deux langues, par la formation d’agents de santé, le développement de l’élevage, des cultures vivrières, de l’artisanat. Autour de textes bibliques les Indiens retrouvent leur identité, leurs traditions, tandis que la théologie est enseignée aux futurs cadres à Buenos-Aires.
l'homme est con En conclusion de cette Table Ronde, quelques observations. Nous sommes dans la mondialisation incarnée. C’est un problème de la communauté humaine toute entière. Nous disposons de moyens technologiques qui peuvent détruire définitivement la terre, polluer les océans. Avec la permission des Etats, les multinationales ont aujourd’hui le pouvoir. Les Etats doivent reprendre le pouvoir, retrouver le sens de l’économie. Nous avons aujourd’hui le sentiment de la finitude des ressources naturelles.

La conclusion finale sera donnée par Guy Aurenche.

Nous avons redécouvert que notre société a rétabli des chaînes, mais certaines personnes sont capables de briser ces chaînes.

Relatant une anecdote, Elie Wiesel concluait :

« Eveillez-vous, c’est le jour de l’homme ».
D’où pour nous la nécessité de la vigilance,
d’approfondir nos convictions et notre foi chrétienne et agir.
C’est le jour de la personne humaine plus que jamais.

enfant

Marie-Renée Wyseur, Sœur Blanche, Sceaux

Partagez !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *