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Les soeurs Missionnaires de Notre-Dame d'Afrique

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Lavigerie et son engagement pour la justice

Cardinal Lavigerie son engagement pour la justice

Lavigerie et son engagement pour la justice

La campagne anti-esclavagiste :

 

Monseigneur Charles Lavigerie devient évêque d’Alger en 1866. Pendant les 20 années qui suivirent, il se dépense pour son nouveau champ d’apostolat : l’Afrique du Nord, au prix de joies et d’épreuves.

C’est durant cette période qu’il fonde, en 1868, la Société des Missionnaires d’Afrique – dite des Pères Blancs – et celle des Sœurs Missionnaires de Notre-Dame d’Afrique – les Sœurs Blanches- en 1869.

Voici qu’un nouvel horizon s’ouvre à lui : l’Afrique centrale où en 1876, il obtient de Rome la délégation apostolique pour les 2 territoires de mission du Nyanza-Victoria et du lac Tanganyika.

Lavigerie s’intéressait de près à cette région :
il y voyait un nouveau et vaste champ d’apostolat, bien plus prometteur.
Il s’informait sur cette région, lisait les rapports des explorateurs
comme Livingstone et Cameron, qui mettaient en lumière le fléau de la traite des esclaves,
et découvrait à travers les correspondances reçues de ses missionnaires arrivés au cœur de l’Afrique dès 1877,
un trafic de chair humaine beaucoup plus important qu’il ne le pensait au début,
qui le révolta et le poussa à agir.

au nom de la justice, Cardinal LavigerieIl saisit l’occasion du jubilé du pape Léon XIII
et de l’abolition de l’esclavage au Brésil en 1888,
pour frapper un grand coup, de jeter un grand cri
et prit la tête, avec la bénédiction du pape,
d’une vaste campagne visant à obtenir l’abolition de l’esclavage.

C’est un appel pressant à s’engager dans le combat pour les valeurs humaines : liberté, droits de l’homme, famille, santé…. Bref, des accents très modernes.

 

Voici un extrait de son allocution à l’église du Gesu à Rome, le 23 décembre 1888 :

«  Je ne m’adresse pas seulement à la foi,
je m’adresse à la raison, à la justice, au respect, à l’amour de la liberté…
‘Homo sum et nihil humani a me alienum puto’.
Je suis homme, et rien de ce qui est humain ne m’est étranger’.
Je suis homme, l’injustice envers d’autres hommes révolte mon cœur.
Je suis homme, l’oppression indigne ma nature.
Je suis homme, les cruautés contre un si grand nombre de mes semblables
ne m’inspirent que de l’horreur.
Je suis homme, et ce que je voudrais que l’on fît pour me rendre la liberté,
l’honneur, les liens sacrés de la famille,
je veux le faire pour rendre aux fils de cette race infortunée, la famille, l’honneur, la liberté…

Assez de sang ! Assez de captures impies !
Assez de larmes, assez d’enfants enlevés à leurs mères,
assez d’hommes arrachés à leurs villages, à la paix du foyer domestique…
Assez, non seulement au nom de la religion,
mais aussi au nom de la justice, de la solidarité, de la nature humaine
et de Celui qui a tracé sa loi dans nos cœurs ». 

Cardinal Lavigerie contre l'esclavage

La tournée des grandes capitales européennes :

La tournée européenne de Lavigerie
commença le 1 juillet 1888, à Paris, dans l’église St Sulpice, comble pour la circonstance.
Il dressa un tableau des procédés des trafiquants d’esclaves et des souffrances des victimes au cours des razzias, transports par caravanes et mises en vente.

Son intervention eut un grand retentissement. Jules Simon, dans le Matin, écrivit :

             «  Qu’un simple prêtre, âgé de plus de 60 ans,
fasse autant et plus avec sa parole,
que tous les rois avec leurs milliards et leurs armées !
vrai Dieu, j’ai l’espoir qu’il le fera ».

 Le 31 juillet 1888, il tint un discours au Prince’s Hall de Londres, 
où un public encore plus acquis à sa cause,
grâce entre autre à l’action de l’Anti-Slavery Society,
société antiesclavagiste créée en 1839, lui fit un véritable triomphe.

 

 Puis ce fut le tour de la Belgique de le recevoir
dans l’église Ste Gudule, la plus grande de Bruxelles,
mais qui se révéla trop petite pour accueillir la foule.

Là encore, il décrivit avec réalisme les ravages des esclavagistes Arabes et métis :
villages incendiés, vidés de leurs habitants, sort réservé aux hommes, aux femmes et aux enfants, supplices infligés aux femmes, dans ce qui était devenu en 1885 l’Etat indépendant du Congo, où Léopold II avait signé un traité avec l’un de ces plus puissants traitants : Tippo Tip.

Son audience s’étendit au-delà des pays visités,
liant des contacts avec des personnalités d’Espagne, Portugal, Autriche et Hollande.
Il dut refuser une invitation en Allemagne pour cause de fatigue.

Mais Lavigerie avait atteint son premier objectif :
porter devant l’opinion publique européenne la question de la traite des esclaves,
cette « plaie hideuse de l’esclavage », comme il l’appelait.

  Il termina sa tournée par l’Italie,
à Rome dans l’église du Gesu, le 23 décembre 1888 et enfin à Milan.
Son combat ne fut pas vain :
le 18 mars 1889 s’ouvrait à Bruxelles une conférence internationale avec les représentants de 16 nations.

Notre-Dame d'Afrique  Le 2 février 1889, le Cardinal Lavigerie
disait dans sa prière d’intercession à Notre-Dame d’Afrique  :

               «  Marie, nous vous avons proclamée ici Reine de l’Afrique,
il y a de cela 25 ans, et l’Afrique a compté sur votre protection ;
Qu’avez-vous fait pour elle ?
Et comment souffrez-vous encore de telles horreurs ?
N’êtes-vous Reine que pour régner sur des cadavres ?
N’êtes-vous Mère que pour oublier vos enfants ? Il faut que cela finisse ! ».

 

 

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