Header image alt text

Les soeurs Missionnaires de Notre-Dame d'Afrique

Nous n’avons jamais pensé que cela se passait près de nous

A Bobo Dioulasso (Burkina Faso)

Par Angela Kapitingana, communauté Bobo-Dioulasso

Le comité contre la traite des êtres humains, auquel Angela appartient, a réfléchi sur comment sensibiliser la population à la réalité de la traite des êtres humains dans le pays et dans le monde. Elles ont invité un jeune homme à raconter son histoire de traite des migrants dans la région, pour montrer que la traite est une réalité dans notre région et à appeler à lutter contre elle.

Le 7 février, nous avons célébré une veillée de prière sous le thème Migrations sans traite humaine.

Le partage d’Issa du Mali et de Yao de Côte d’Ivoire, sur leur expérience d’être trafiqués, la souffrance et la torture vécues dans le désert, étaient touchants et douloureux. On avait proposé à Yao de vendre du cacao, pour trouver une meilleure vie en Italie. Mais l’argent a été pris, et il a dû travailler dur, même dans le voyage. Il a été torturé jusqu’à son évasion de Libye. Pendant des mois, il a traversé le désert à pied ou en camion. Il est resté coincé à Bobo. Il passait ses nuits à la gare routière, cherchant de l’aide pour atteindre son pays. Un bon Samaritain l’a dirigé vers les sœurs pour obtenir de l’aide. Les cicatrices dans son corps montrent l’authenticité de son histoire.

Après, nous avons passé une vidéo sur la traite d’enfants en Afrique de l’Ouest. Nous avons gardé un moment de silence pour ceux qui sont morts en essayant d’atteindre l’Europe. «Nous n’avons jamais pensé que cela se passait près de nous», ont dit beaucoup. Les jeunes travailleuses domestiques, un phénomène commun autour de nous a attiré l’attention.

Après chaque prière d’intercession, une bougie était allumée par les témoins et les membres de Talitha Kum Bobo, et placée devant l’image de Bakhita. Nous avons prié pour les victimes de la traite des êtres humains et pour les responsables de cet horrible crime.

Sainte Joséphine Bakhita

Sainte Joséphine Bakhita

Le 8, fête de Ste Bakhita, le comité a animé l’Eucharistie. Nous avons expliqué la mission de Talitha Kum Bobo et présenté les différentes formes de traite dans notre région: travail forcé des enfants (dans les champs de cacao pour les garçons et le travail domestique pour les filles); mendicité forcée, abus sexuel… Des jeunes hommes et femmes se voient promettre des emplois bien rémunérés en Europe, ils signent des faux contrats, et se retrouvent victimes de la traite des êtres humains

Un appel a été lancé aux religieux hommes et femmes pour qu’ils rejoignent Talitha Kum Bobo pour lutter contre la traite des êtres humains. Ce n’est que dans le cadre de la collaboration et de la mise en réseau des savoirs faire contre l’un des principaux crimes d’aujourd’hui que la traite des êtres humains, sera éliminée.

 

Partagez !