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Les soeurs Missionnaires de Notre-Dame d'Afrique

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Rendre la dignité aux femmes de la rue, à Tamale

Rendre la dignité aux femmes de la rue, à Tamale

Connie Gemme, une Sœur Missionnaire de Notre-Dame d’Afrique américaine, relate les débuts de la lutte contre la traite des êtres humains au Ghana :

Femmes de Gumo

 

« En 1994, après avoir pris ma retraite comme infirmière, je constatais qu’à Tamale, au nord-est du Ghana, personne ne se préoccupait des femmes obligées de gagner leur vie en vivant de la prostitution.

Lorsque des hommes abandonnent leurs foyers, non seulement les femmes doivent se prendre en charge avec leurs enfants, mais souvent elles doivent aussi assister leurs parents âgés.

Ces femmes deviennent alors des proies faciles pour les trafiquants. Avec l’aide de quelques personnes pouvant cibler ces femmes en manque du nécessaire, parler avec elles et leur offrir quelque chose de mieux, COLWOD est né en 1995. (Collaboration avec les femmes en détresse.) » COLWOD s’est donné deux objectifs :

Rendre la dignité aux femmes de la rue à Tamale

Le premier objectif a donné ses fruits : près de 200 femmes se sont remises à vivre du travail de leurs mains. 

COLWOD est un lieu où elles peuvent se former à des activités génératrices de revenus : teinture sur tissu, confection de batiks, couture, tissage, apprentissage de lacoiffure.

Si elles peuvent réussir, c’est grâce à un prêt qu’elles s’engagent à rembourser, et ainsi  la chaîne des mini-crédits continue à fonctionner jusqu’aujourd’hui.

Couture Tamale

COLWOD a une boutique au centre de la ville de Tamale, pour vendre les vêtements en batik très recherchés ou autres articles toujours bien faits et proches de  la culture ghanéenne.

Atelier de couture, Tamale, Soeur Missionnaire de Notre-Dame d'Afrique

Atelier de couture
Tamale

Jacqueline Picard, Ghana, atelier de couture

Jacqueline Picard
Sœur Missionnaire de Notre-Dame d’Afrique
dans l’atelier de couture de COLWOD

 

 Lutter contre la traite, spécialement celle des femmes et des enfants

teinture

En 2002, Sr Connie, entreprend
de développer le second objectif de COLWOD.

Elle relate ainsi l’interpellation reçue :
« J’entendis clairement une voix intérieure
qui me dit à plusieurs reprises
‘Ton travail n’est pas fini au Ghana’.

 

J’entrepris alors la lutte contre la traite des êtres humains avec le Cardinal Lavigerie comme mentor, source d’encouragement et de force. Sa première tâche à lui fut de rendre le monde conscient des horreurs du commerce des esclaves en Afrique Centrale et Orientale. L’exemple de notre fondateur me poussa à sillonner le Ghana.

Je passais mon temps à conscientiser les gens à la traite des êtres humains. J’allais à la rencontre des jeunes filles dans les cafés-internet, où elles se rendaient pour scruter les invitations à traverser la mer pour devenir danseuse dans une troupe culturelle, trouver du travail dans les grandes villes d’Europe et d’Amérique ou encore un riche mari …

Quelques personnes m’ont rejointe. Nous avons parlé dans les écoles, dans les groupes de femmes des villages, dans les églises, dans les rencontres de responsables des congrégations religieuses et même à la conférence des évêques en 2003. Nous n’avons jamais refusé une opportunité pour parler de ce sujet, que ce soit à la télévision, à la radio,  dans les journaux et toute interview. »

carte du GHANA

Gumo, Ghana

Village de Gumo au Ghana
où vit une communauté
de Sœurs Missionnaires de Notre-Dame d’Afrique

Ateliers et séminaires  se sont succédé
du nord au sud, de l’est à l’ouest.
150 000 dépliants ont été distribués
à travers tout le Ghana.

Ils voulaient attirer l’attention des femmes et des jeunes filles sur le danger de croire aux promesses d’un paradis quelque part en Europe et en Amérique.

Chaque année, on compte 3.500 femmes ghanéennes trompées par les promesses alléchantes de ces faux paradis d’outre-mer.

Suite à ces ateliers, deux jeunes font part de leur désir de se joindre à la lutte contre la traite, chacun dans sa région respective. Ainsi commencent deux organisations non gouvernementales. La première prend le nom de « Amis de l’humanité souffrante ».

Une maison pour les enfants victimes de l’esclavage contemporain est construite, la première du genre dans le pays, inaugurée en 2007. Le forage d’un puits artésien et la construction d’une école apportent du bien-être non seulement aux enfants mais à tout le  voisinage. 

Fillette et drapeau du Ghana

 Accra

La seconde, « Centre pour des initiatives de lutte contre la traite des êtres humains», est basée à Accra, capitale du Ghana.  

Dans plusieurs écoles secondaires de la région nord, elle suscite des clubs qui s’engagent à lutter contre la traite des êtres humains. Ces clubs mettent en route des mini-projets qui aident les femmes des villages à assurer leur sécurité alimentaire en leur générant des revenus. Cela diminue le grand exode vers le sud où femmes et jeunes filles sont attirées  et où elles deviennent la proie facile des trafiquants.

 

Les deux organisations sont en contact étroit pour sensibiliser au problème de la traite à travers tout le Ghana, et aujourd’hui le réseau se compose de toutes catégories de personnes : laïcs, religieuses, policiers, douaniers, juristes 

Grâce à COLWOD, AMIS DE L’HUMANITE SOUFFRANTE et CENTRE POUR DES INITITIATIVES DE LUTTE CONTRE LA TRAITE DES ETRES HUMAINS,  des  femmes, jeunes filles et enfants sont sauvés des griffes des trafiquants.

Nicole Robion, Sœur Missionnaire de Notre-Dame d’Afrique

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1 Comment

  1. Martine Gagné dit :

    Bravo pour ces magnifiques résultats Connie!!!

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