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Les soeurs Missionnaires de Notre-Dame d'Afrique

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Benoît et Virginie, découvertes de Kinshasa

Benoit et Virginie

Benoît et Virginie, découvertes de Kinshasa
été 2013

 
Benoît et Virginie

Benoît et Virginie

Partir pour prendre le temps

Nous souhaitions partir à deux.
Pour nous c’était une évidence :
ce devait être l’Afrique.

Mais pas en bougeant tout le temps pour dire « on a tout fait ». Qu’importe le lieu, mégalopole ou village perdu au fond la brousse, nous souhaitions passer ces 3 semaines au même endroit pour prendre le temps.

ORPER

Le temps de se reposer d’abord : ne pas avoir à courir tout le temps pour suivre un programme minuté. Le temps de s’imprégner ensuite : découvrir peu à peu les rues environnantes, s’habituer à la langue, sentir et goûter ce nouveau quotidien. Et puis par-dessus tout, le temps de la rencontre : les sœurs de la communauté, les personnes du quartier, les vendeurs dans la rue, les mamans à la messe, et puis Dieu aussi avec qui on ne prend pas toujours le temps de discuter dans nos vies à 100 à l’heure.

Un bel accueil à « l’africaine »

Quelques échanges avec sœur Cécile et un week-end de préparation à Paris et nous étions dans l’avion pour Kinshasa. Malgré nos 3 heures de retard à l’arrivée, sœur Alice nous attendait à l’aéroport avec un grand sourire. Découverte de nuit de la ville de Kinshasa : des rues seulement éclairées par les lampes à pétrole des étalages, du monde partout, des vendeurs de pain, de beignets, de crédit téléphonique. Arrivée à la communauté, accueil enthousiaste des autres sœurs, découverte de nos chambres déjà préparées, partage d’un bon repas congolais :l’aventure commençait sous les meilleurs auspices.

 
Benoit et Virginie à Kinshasa

Sœur Alice, Virginie, Benoît et sœur Victoire

    

 
camion Kinshasa

Dans les rues de Kinshasa

Dans le quotidien du quartier

La communauté des Sœurs Blanches est située au cœur du quartier populaire de Yolo Sud.

Nous vivions au rythme de celle-ci :
la messe de 6h, le petit-déjeuner, le départ vers les lieux de mission, la prière du soir, le dîner en communauté animé par les discussions, et puis la télé les jours de courant !

Seuls mundele (blancs) du quartier, notre présence n’est pas passée inaperçue, donnant lieu à de nombreuses présentations et salutations. 

Notre intégration dans la paroisse et le quartier est aussi passée par la CVB (communauté de vie de base), qui réunit les paroissiens de rues voisines pour un partage d’Évangile et de vie, créant un véritable lien de solidarité entre les membres, notamment lors des deuils. Ainsi nous avons pu accompagner la sœur Conchita lors de ses visites à des familles en difficulté du voisinage.

famille Kinshasa

Avec une famille amie

marché Kinshasa

Marché à Kinshasa

La vie du quartier,
c’est également le marché

où l’acidité de la farine de manioc se mélange à l’odeur fumée du poisson, ou encore les terrasses où s’affrontent la primus et la skoll à coup d’enceintes crachant les derniers tubes congolais…

A la rencontre des enfants des rues

L’un des buts de notre séjour était également de participer aux activités de l’association ORPER (Œuvre de Reclassement et de Protection des Enfants de la Rue), où travaille Sœur Alice. Cette ONG cherche à répondre de manière globale à un phénomène d’ampleur à Kinshasa : les enfants des rues, rejetés par leur famille en raison de difficultés financières et souvent sur des accusations de  sorcellerie. L’objectif premier de l’ORPER est de renouer le contact entre les enfants et leur famille, pour les réintégrer, lorsque cela est possible.

 
enfants de la rue Virginie et Benoit

Kinshasa, ORPER

Benoit à ORPER

ORPER dispose d’un « centre mobile », une petite camionnette qui part dans les rues le soir à la rencontre des enfants afin de leur prodiguer quelques soins, de les sensibiliser aux dangers de la rue et inciter à rejoindre les « centres ouverts ». Ces centres proposent aux enfants une écoute, un hébergement, un repas et quelques cours (alphabétisation, cuisine, couture, esthétique). Dans la journée, les enfants peuvent poursuivre leurs activités dans la rue. Enfin, les « centres fermés », sorte d’internats, accueillent des jeunes de 6 à 18 ans.

Ces jeunes, soucieux de s’en sortir, vont à l’école du quartier
et suivent les règles du centre, notamment en participant aux tâches quotidiennes. Consciente qu’elle ne peut pas remplacer un cadre familial, l’association continue en parallèle le travail de médiation avec la famille ou, le cas échéant, la recherche d’une famille d’accueil.

Pour la formation des jeunes et son autofinancement,
l’association dispose également d’une ferme,
d’une boulangerie et d’un petit restaurant.

Virginie et la pate

 

La première semaine a été l’occasion de découvrir le fonctionnement de ORPER :
visite et logistique d’approvisionnement des centres. Nous avons ensuite choisi d’animer des activités dans le centre fermé des petits garçons (6 à 11 ans). Chaque jour avait sa tonalité : musique avec quelques chants et  instruments en matières recyclées, cours d’anglais à la demande des enfants, bricolage de petits jeux en carton. Puis venait le temps du football ou des jeux européens et congolais. Les enfants nous ont également appris à jouer à leurs jeux : billes, foot capsule ou encore boto/segue (pile ou face).

enfants de la rue
ferme de ORPER

ferme de ORPER

Un autre moment fort de notre présence à l’ORPER a été une sortie avec le centre mobile dans les  rues de Kinshasa de nuit, l’occasion d’approcher un peu ce que vivent les enfants de la rue.

Nous avons également eu la possibilité de sortir de l’immense ville pour visiter la ferme et découvrir la brousse.

 

Des rencontres qui nous accompagnent, de retour en France

 Benoit bouteille de coca 

Trois semaines peuvent sembler une durée dérisoire. Mais leur densité et profondeur nous ont surpris, au-delà de nos espérances. Des liens ont pu être créés, quelques relations ont commencé à s’approfondir: avec les sœurs d’abord, et par elles, avec quelques voisins, avec les éducateurs d’ORPER et les enfants accueillis. Nous avons partagé leur quotidien et simplement « vécu avec » par la préparation des repas, les messes, les transports et les jeux… Nous ramenons en France cette  expérience d’être accueillis chaleureusement avec nos différences.

Pour ce qui est du repos, il a fallu apprendre à être à l’écoute de notre corps, ne pas vouloir tout faire, au risque de ne profiter de rien. Le rythme européen n’est  pas compatible avec l’Afrique. En expérimentant nos limites, nous avons aussi appris à nous connaître l’un et l’autre en vérité. Cette expérience fut aussi pour nous spirituelle. Au cœur de nos journées, en suivant le rythme de la communauté, nous avons apprécié de prendre ces temps de prière pour Lui confier nos joies mais aussi nos difficultés. Ce séjour a été pour nous un retour à l’essentiel.

ORPER

 Virginie et Benoît, Paris

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