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Les soeurs Missionnaires de Notre-Dame d'Afrique

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Je cherchais la rencontre…et j’ai reçu l’hospitalité !

Mathide N. Burundi 2

Je cherchais la rencontre…et j’ai reçu l’hospitalité !
4 semaines au Burundi

 

jeunes Burundi

Durant l’été 2013, j’ai eu la chance de partir un mois au Burundi. J’ai été accueillie par les Sœurs Missionnaires de Notre Dame d’Afrique, qui vivent à Gitega, la deuxième ville du pays, plus précisément dans le quartier swahili (un quartier populaire à majorité musulmane), où elles tiennent un centre de santé. J’ai partagé la vie quotidienne et la prière de la communauté et durant la journée, je me rendais à l’IPRED (Initiative Pastorale pour la Réinsertion des Enfants en Difficultés), qui est un centre pour les enfants de la rue.

Pour moi, aller en Afrique constituait la réalisation d’un rêve d’enfance,
c’est pourquoi, j’avais de nombreuses attentes en préparant ce voyage.

 

Je cherchais la rencontre…

Ma première motivation, c’était de rencontrer des personnes africaines, dans leur pays d’origine et je n’ai pas été déçue !

Grâce aux religieuses, qui connaissent bien et aiment les populations locales, j’ai pu rencontrer de nombreuses personnes dont je garde les visages en mémoire : les jeunes du centre qui étaient espiègles ou timides, les prisonniers qui m’ont invitée à leur confirmation, les Batwa (ethnie minoritaire du pays, dont les conditions de vie sont très précaires) qui m’ont accueillie en dansant dans leur village, les familles beaucoup plus aisées à Bujumbura (la capitale)

danse Batwa
Mathilde Burundi

… et j’ai reçu l’hospitalité !

Ce qui m’a le plus marquée, c’est sans doute l’hospitalité de ces personnes.

On parle souvent de cette valeur en Afrique et je l’ai vraiment expérimentée avec tous les Burundais rencontrés, quelque soit leur niveau de vie, leur situation sociale…Chaque personne a su m’ouvrir sa maison et surtout son cœur, a cherché à s’intéresser à moi, à découvrir ma culture et me partager un peu la sienne.

Je cherchais la pauvreté…

En allant au Burundi, je voulais aussi me confronter à des situations de pauvreté matérielle et savoir comment je réagirais face à elles. A ce propos, une conversation avec des adolescents m’a bousculée.

 maison Batwa Burundi
Mathilde enfants 

…et j’ai découvert mes richesses !

Un matin, nous étions trois, assis autour d’un bac rempli d’eau et nous lavions du linge. L’un me demande : « Ça va Mathilde, c’est pas trop dur de frotter les vêtements ? Au Burundi, y’a pas de machines à laver comme chez vous, en Europe. Y’a pas beaucoup d’ordinateurs non plus, et pas trop de voitures… ».

J’ai réfléchi un moment puis je leur ai répondu :
« C’est vrai, chez nous, il y a plus de machines pour faire toutes les tâches domestiques mais vous savez, en ce moment, je suis contente de laver le linge à la main avec vous : on rit, on chante, on discute et c’est sympa ! Et il faut faire attention car parfois, la modernité, si on n’y prend pas garde, nous empêche de garder la joie et la solidarité comme ici. »

 Mathilde

jeu Burundi

Alors, un autre a rétorqué : « Mais, chez vous, qu’est-ce que vous avez de plus ? » J’avais bien remarqué que beaucoup d’enfants, malgré leur jeune âge, avaient déjà perdu leur père et (ou) leur mère, ainsi qu’un ou plusieurs frères et sœurs, à cause de la difficulté à se faire soigner ou des accidents de la route alors que moi, je vivais, sans m’en rendre compte, au sein d’une famille unie et en bonne santé. 

D’autre part, je m’étais rendue compte que les jeunes avaient du mal à trouver des livres pour suivre leur scolarité, alors que moi, je pouvais en lire autant que je voulais ; je pouvais aussi avoir accès à la culture et à la connaissance par d’autres médias.

Alors, j’ai fini par dire aux deux adolescents :
« C’est vrai, les machines modernes que nous avons en Europe, c’est bien pratique mais les vrais privilèges que j’ai dans mon pays sont de vivre dans une famille unie et en bonne santé et de pouvoir lire autant de livres que je veux. Ce sont deux choses importantes dans ma vie et avant de venir chez vous, je n’y faisais pas attention. ».

 

Mathilde Burundi

Je cherchais Dieu…

En partant, je désirais aussi vivre une expérience spirituelle, à la fois personnelle et au sein de l’Église de Gitega. La spiritualité ignacienne (issue de St Ignace de Loyola, fondateur des jésuites) me tient à cœur depuis longtemps. Elle invite notamment le croyant à « chercher et trouver Dieu en toutes choses »

 
Je suis avec toi 

…et je me suis exercée à L’accueillir
encore et encore, en toutes choses !

Au Burundi, en communion avec les Sœurs Blanches et avec les personnes rencontrées, j’ai pu apprendre à être attentive à la présence de Dieu dans la vie de tous les jours : dans l’Eucharistie quotidienne, dans les très beaux chants d’action de grâce entonnés à la Messe, mais aussi dans les rencontres, les conversations, les rires des enfants du quartier ou les regards tristes de certains jeunes albinos, en contemplant la beauté de la nature ou en écoutant les rythmes des tambourinaires…

En m’envolant pour le Burundi, j’attendais beaucoup et j’ai reçu beaucoup – pas toujours selon les modalités auxquelles je m’attendais ! Ce voyage a creusé en moi de nouveaux désirs : cultiver l’hospitalité, accueillir les vraies richesses qui ne périssent pas, me laisser accompagner par le Seigneur à chaque instant de ma vie et bien sûr, le désir de repartir !

Et pour terminer, savez-vous que les Burundais sont friands de proverbes ? Je vous quitte avec l’un d’entre eux, que je me remémore souvent et qui m’aide dans la vie de tous les jours, particulièrement lorsque le rythme s’accélère, que je j’ai beaucoup de choses à faire :

« Buke, buke, bukomeza igihonyi »
(« Tout doucement, les bananes mûrissent sur le bananier »).

 danse de jeunes

 Mathilde, Professeur des écoles, la Rochelle

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