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Les soeurs Missionnaires de Notre-Dame d'Afrique

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Lavigerie, au service de la dignité de l’Homme

Quand, en 1867, Mgr Charles Lavigerie, alors évêque de Nancy,
a accepté sa nomination comme archevêque d’Alger,
il a exprimé, dès son arrivée, son désir d’envoyer des missionnaires
jusqu’au cœur du continent africain.
Il s’est alors documenté sur la situation de ce continent
et, pour cela, lu les récits des explorateurs, qui l’avaient parcouru.

Ile de GoréAyant fondé la Société des Missionnaires d’Afrique en 1868,
et celle des Sœurs Missionnaires de Notre-Dame d’Afrique en 1869,
le 14 avril 1878, d’Alger, il envoie le premier groupe de prêtres et de frères
vers la région des Grands Lacs, Ouganda et Tanzanie actuels.
Très vite, les lettres qui lui sont envoyées par ses missionnaires confirment
ce que ses lectures lui avaient déjà révélé.
Ces témoignages faisaient état d’un important commerce d’esclaves,
razziés et emmenés par centaines, en caravanes armées,
vers la côte de l’Océan Indien pour être expédiés vers les pays du Golfe et l’Inde.

Au printemps 1888, le pape Léon XIII va écrire une lettre au Brésil
pour célébrer l’abolition officielle de l’esclavage transatlantique dans ce pays.
Le Cardinal le prie d’y faire mention de ce drame
qui se passe en Afrique orientale et centrale
pour appeler à lutter contre ce fléau.
De fait, le pape évoque cela dans sa lettre du 5 mai 1888.
Mais, lors d’une rencontre ultérieure avec le Cardinal,
Léon XIII dit à ce dernier :
«Nous comptons  sur vous pour mener à bien cette grande œuvre.»   

Cardinal Lavigerie contre l'esclavageLe Cardinal se met alors à l’œuvre.
Il veut donner une grande ampleur à son cri
pour défendre la dignité humaine de ces Africains :
une tournée de conférences dans les grandes villes d’Europe,
des articles de presses, la création de comités chargés
d’entretenir l’engagement des bonnes volontés et de récolter des fonds.
Il envisage aussi, à ce moment,
de créer une milice formée de religieux armés
pour accueillir et protéger, en Afrique,
les esclaves rachetés ou en fuite.

En commençant sa tournée européenne de conférences,
il est bien conscient que ce qu’il va dénoncer
est un sujet sensible qui a des implications politiques
au moment où les grandes puissances sont en train de se partager le continent africain et que, par conséquent, certains des territoires, où se pratique cet horrible commerce,
sont déjà, en partie, des lieux appartenant à telle ou telle nation européenne.

St Sulpice Paris

St Sulpice Paris

Sa tournée commence à Paris, le 1er juillet 1888, en l’église Saint Sulpice.
Avant sa conférence, il avait pris soin d’informer les autorités publiques et la presse. L’église est remplie d’une foule attentive et considérable, selon les articles de la presse du lendemain. Son appel est entendu. De jeunes volontaires se disent prêts à s’engager et à partir et un comité se constitue.

Le 31 juillet 1888, il s’adresse encore à un très large public, au Prince’s Hall, à Londres. Le 15 août 1888, c’est dans l’église Sainte Gudule, à Bruxelles, qu’il pousse son cri. Il invite plus particulièrement le peuple chrétien de Belgique, sous la conduite de son roi, qui a déjà pris le Congo sous sa coupe, à agir pour que, dans cette région, règnent la justice et le respect de la dignité des Africains. Le même mois d’août, il envoie, en Allemagne, un long document qui sera lu lors du grand congrès général des Catholiques allemands de Fribourg-en-Brisgau.

Notre-Dame des Esclaves

Notre-Dame des Esclaves

En décembre 1888, il commence à Naples une tournée en Italie.
Le 23 décembre 1888, il donne une grande conférence
dans l’église du Gesù, à Rome,
dans laquelle il cite le poète latin Térence,
en prenant ses paroles à son compte :
«Je suis un homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger. »
Sa tournée de conférence termine à Milan, le 6 janvier 1889.
Partout où il a parlé, il n’a pas cessé de chercher à étendre ses publics bien au-delà des frontières de l’Eglise.
Il a agit, comme évêque, avec foi et courage,
mais aussi avec un très grand sens de la dignité de tout homme. 

Le Cardinal Lavigerie a réussi à gagner la presse
pour sensibiliser l’opinion
et soutenir une action pour éradiquer ce mal.
Des comités actifs se sont mis en place
pour soutenir les activités engagées.
Et finalement deux congrès internationaux furent tenus,
en 1889 et 1890,
avec la présence de pays concernés par cette traite,
comme la Turquie, Zanzibar et le Maroc.
Un certain nombre d’actions concertées y furent décidées sur le continent même et le long de la côte de l’Océan Indien.

Père Guy Villemin, Père Blanc

 

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