Header image alt text

Les soeurs Missionnaires de Notre-Dame d'Afrique

Accueil  >  

Journée mondiale de la femme 2018

La célébration de la journée de la femme 2018 a soulevé des questions… Comment célébrer dans la joie quand la femme endure tant de souffrances au quotidien, quand nous pleurons des femmes qu’on tue par dizaines  ici ou là, particulièrement à l’est et au centre du pays ?

Des voix se sont levées pour demander aux femmes de porter ce jour-là des habits de deuil en signe de mécontentement, de tristesse et de protestation. Chez nous, beaucoup de mamans ont ignoré cette fête pour continuer à vaquer à leurs occupations, dans la lutte pour trouver de quoi manger pour leurs enfants.

Mais, certains groupes, pour un peu d’argent, se sont prêtés à des mascarades de défilés devant les autorités.

Nous, SMNDA de Bukavu, avons reçu une invitation de l’école maternelle N.D. d’Afrique de Kadutu, dirigée par notre sœur Christine Bahati. Rosetta Rossi et moi avons représenté la communauté du Plateau et avons rejoint les élèves, enseignant-e-s, directeurs et directrices de l’école maternelle et des trois écoles voisines réunies pour cette circonstance.

Pour rendre plus signifiante la célébration, une délégation d’hommes, la plupart des époux des monitrices et pères des fillettes, avait trouvé place dans cette assemblée féminine. Oui, l’homme est concerné, autant que la femme, par la promotion de la paix, de la dignité, de la justice et de la fraternité dans le foyer et dans la société. Ce fut une belle et fructueuse journée.

Madame Déodata, une ex-SMNDA, présenta des moyens pour construire et maintenir un foyer où règnent la paix, l’écoute et le respect mutuels, ainsi que l’amour et la vérité, des valeurs humaines et chrétiennes nécessaires pour vivre ensemble dans l’harmonie et pour bien élever les enfants.

Sr Christine éveilla les consciences des femmes sur la pratique de l’esclavage moderne et de la traite humaine dans notre milieu, appelant tous à s’engager dans la lutte pour dénoncer et éradiquer ce fléau déshumanisant. L’assistance se sentit interpellée et nous espérons une suite favorable.

Après ce fut le tour des élèves. Depuis les tout petits bouts de la première maternelle jusqu’aux jeunes filles de la 6ème secondaire, ils nous ont offerts des comptines, chansons, récitations, poèmes, sketchs et même une démonstration d’exercices de karaté pour lutter contre les violences faites aux femmes ; des thèmes variés mais avec un dénominateur commun : la situation socio-politique dans notre pays.

J’étais frappée et émue de voir le sérieux avec lequel ces jeunes enfants dénonçaient les injustices, l’impunité, la violation des droits humains, la dégradation des mœurs, la corruption et les détournements des fonds, le mensonge systémique, le pillage des ressources, la paupérisation des populations et l’enrichissement scandaleux et illicite d’une minorité, les abus de pouvoir, etc.

A la fin de cette journée, l’espérance avait grandi en moi car, je me suis dit, que la partie de notre jeunesse qui n’est pas endormie constitue une force motrice pour un avenir meilleur.

Sr Hélène Mbuyamba
Bukavu, R.D. Congo

 

Partagez !