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Les soeurs Missionnaires de Notre-Dame d'Afrique

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L’interculturalité ? Une longue marche

Fernande, Canadienne Lety, Mexicaine Esther, Espagnole Ingrid, Allemande Amalia, Espagnole

L’interculturalité est un processus dans la rencontre entre personnes différentes. Cela peut provoquer un choc et mener à une confrontation. C’est alors que nous avons à décider comment aller dans le sens du dialogue, se laisser toucher par la culture de l’autre, changer notre manière de penser, d’agir. Sinon, nous risquons de nous replier et d’arriver à l’isolement. En oubliant que l’autre est différent, on essaie de le changer. Cette marche, qui va du choc de la rencontre jusqu’à la transformation et à l’enrichissement, est douloureuse par nature. Mais c’est aussi une source de croissance et de liberté intérieure. En un mot, c’est un processus pascal.

La langue, le langage sont une particularité de chaque culture. Une sœur espagnole raconte. « Lorsque je suis arrivée au Mexique, dans un premier temps, j’ai eu la joie d’être dans un pays dont la culture ressemblait beaucoup à la mienne. Mais peu à peu, j’ai découvert que, tout en parlant la même langue, des expressions locales et certains mots avaient des portées bien différentes. Ainsi une ‘promesse’, une ‘invitation’ ou encore ‘la notion du temps’… Cela m’a fait buter sur bien des malentendus. J’ai donc dû progresser dans la découverte, la compréhension et l’intégration d’un langage qui, avec les mêmes mots, exprime un sentir différent. Ainsi, lorsque je retourne en Espagne, je provoque parfois les mêmes incompréhensions qu’en arrivant au Mexique. Je dois me resituer dans ma propre langue. »

Une autre ajoute : « En arrivant à Morelia, j’ai suivi des cours pour apprendre l’espagnol. Sachant que j’étais missionnaire en Afrique, mon professeur, une jeune Mexicaine, m’a montré beaucoup d’intérêt. Pour me faire connaître le milieu, elle a promis de m’inviter chez elle pour  Noël. J’ai attendu avec enthousiasme… Mais cela ne s’est jamais réalisé !

Dans la communauté, nous avons toutes vécu ce genre d’expériences. » Un Missionnaire d’Afrique mexicain, nous a aidées à interpréter ces faits. Les intentions s’expriment à la fois par des mots et par l’intonation de la voix, le regard, le geste… Il faut savoir détecter une communication non-verbale.

Dans le milieu où nous vivons, les personnes consacrées sont entourées d’un grand respect. Les gens voient en elles la présence de Dieu, et elles sont accueillies comme une bénédiction. Cette confiance crée un climat favorable aux confidences. Les gens partagent souvent avec nous les situations difficiles ou tristes de leur vie. Ils savent que nous les écouterons avec respect et discrétion et que nous prierons pour eux. C’est ainsi que, autour de la table, le frère aîné de Lety a parlé de la mort du papa survenue durant l’absence de Lety (elle était au Congo). Ce partage rempli d’une paix mêlée d’émotion fut un moment important de la rencontre. Après cela, la joie, la guitare et les chants populaires ont pris la relève.

Notre congrégation est internationale et interculturelle. Comme dans une famille, nous avons à dépasser les frontières d’âge, de personnalité, d’éducation, d’expression… Nous faire « tout à tous » selon l’expression de St Paul repris par le Cardinal Lavigerie. Cette attitude de CARITAS sans frontières ( la devise de notre fondateur) est une part de notre identité de Sœurs Missionnaires de Notre Dame d’Afrique.

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