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Les soeurs Missionnaires de Notre-Dame d'Afrique

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Zawadi BARUNGU,
Sœur Missionnaire de Notre-Dame d’Afrique,
originaire de la République Démocratique du Congo
(Diocèse de Bukavu).

 

Je suis en Algérie depuis 2002. D’abord à Alger pour apprendre la langue arabe et l’islamologie, puis au Sahara où j’ai passé trois ans au service des enfants handicapés en collaboration avec leurs familles, surtout avec les mères. Je suis toujours émerveillée des relations très fraternelles qui se tissent en faisant le bien ensemble.

Après les deux ans passés dans la région de l’Afrique centrale, j’ai été envoyée à nouveau en Algérie pour y faire des études de kinésithérapie, une formation qui va durer trois ans. Je suis déjà dans la deuxième année, à 12km de notre communauté.
Je suis la seule chrétienne de notre école et la seule Sœur et donc la seule  » Africaine noire « .

Malgré toutes ces différences, je suis très bien accueillie et bien intégrée partout : à l’école, auprès des étudiants et professeurs, dans les hôpitaux, sur nos terrains de stages pratiques.

J’entends souvent la même question :  » Aimes-tu l’Algérie ? « .
 » Oui, j’aime l’Algérie et les Algériens.
Parfois j’ai envie de répondre par les paroles de notre père Lavigerie :  » ‘J’ai tout aimé dans notre Afrique !’
J’aime ce peuple, je suis solidaire avec lui dans ce qui fait ses joies et ses peines ; oui je suis très heureuse au milieu de vous. « 
    
Très souvent, après les stages pratiques dans les hôpitaux, j’entends cette phrase des différents chefs de service,  » C’est très agréable de travailler avec vous ; mon père a fait ses études chez les Pères Blancs, ma mère a été chez les Sœurs Blanches ; je connais les sœurs de Blida, elles font du très beau travail. Votre place est déjà réservée ici, dans notre hôpital, quand vous finirez vos études. Nous avons besoin de gens comme vous « . Et, parfois, sans que je ne dise qui je suis, les malades me disent :  » Les Sœurs, elles ont le cœur en or, elles aiment bien leur travail et ça se sent « .

Oui, faire des études en Algérie, appelle forcement à devenir ce que nous sommes : chrétiens, devenir chaque jour ce signe visible attendu par ceux qui nous côtoient ; un grand défi à relever par notre vie au milieu de nos frères et sœurs croyants de l’Islam. Cela nous apprend à découvrir de l’intérieur l’autre et la foi qui le fait vivre.

Plus que jamais, se former aujourd’hui en Algérie, surtout dans le domaine de la santé, demande, non seulement de le désirer mais aussi de connaître la langue arabe parlée dans le pays en vue d’écouter, de comprendre et de répondre aux besoins de nos frères et sœurs qui viennent déposer entre nos mains leurs corps fragilisés.

Merci à notre congrégation qui met l’accent sur l’apprentissage de la langue du lieu où nous sommes appelées à vivre. Et Lavigerie disait :  » Apprendre la langue d’un peuple, c’est se préparer à lui appartenir « . Pouvoir parler cette langue m’aide à être vraiment comme une fille du pays, ce qui est un grand atout, pour un thérapeute, qui a besoin de la confiance de ses patients.

Je me trouve parfois appelée à écouter l’un où l’autre des étudiant(e)s ou enseignants à l’école où à l’hôpital sur des sujets assez délicats et à chercher à relever le défis ensemble. Ils apprécient le fait que je sois étrangère mais proche d’eux. Je peux les écouter sans partialité.
Que Dieu nous donne la sagesse qui convient à la tâche qu’Il nous confie.

Pour la réussite de ces études et pour faire face aux frustrations que peuvent causer parfois le fait d’être différente, la condition préalable est, évidement, d’aimer les Algériens et l’Algérie. Et de voir la beauté unique que représente ce peuple, sa place particulière dans notre histoire et notre cœur en tant que fils et filles de Lavigerie.

Sr. Zawadi

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