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Les soeurs Missionnaires de Notre-Dame d'Afrique

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Témoignage de Madeleine Jacqueminet

Témoignage de Madeleine Jacqueminet

Sœur Madeleine Jacqueminet retrace les grandes étapes de sa vie religieuse missionnaire :
A 5 ans :  » Un jour, je serai religieuse  » – A 27 ans, elle débarque à Ouagadougou !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

J’ai eu la chance de naître dans un foyer très chrétien. Ce que je retiens de mon père, entre autres, c’est sa conscience professionnelle. Quand des clients demandaient un travail de plomberie, ils disaient : « Vous nous enverrez Maurice ». Maman est née en Belgique ; elle avait une foi profonde et elle a gardé cette habitude d’aller à la messe chaque matin.

Je me souviens que dès l’âge de 5 ans, j’ai dit mon désir d’être un jour religieuse. A 9 ans, allant avec ma classe voir un film sur Charles de Foucauld j’ai dit en rentrant : « Ça vaut la peine ; moi, je serai missionnaire » !

A 12 ans, j’ai eu la douleur de perdre mon Papa. Parti comme grand malade à Lourdes, il est mort là-bas « comme un saint » a dit notre Evêque à Maman lorsqu’il lui a rendu visite chez nous.

Aussitôt après le Certificat d’études, ma sœur aînée et moi avons fait des études commerciales afin d’avoir un C.A.P. et de pouvoir travailler, car Maman n’avait que les allocations familiales comme ressources. J’ai ainsi travaillé comme secrétaire chez un avoué, pendant 5 ans.

J’ai parlé à mon curé de mon désir d’être missionnaire et il m’a dit : « Ecoute, je ne les connais pas, mais j’ai entendu parler des « Sœurs Blanches ». Cherche leur adresse de ton côté, moi du mien ». Nous avions de vieux « Missi » à la maison, où j’ai trouvé l’adresse des Sœurs. Passant par Paris avec ma mère, nous sommes allées à la rue Gay-Lussac où une sœur missionnaire de Notre-Dame d’Afrique nous a dit : « Nous avons l’habitude d’envoyer les jeunes filles qui veulent entrer chez nous faire un stage en Afrique du Nord pour éprouver leur santé et leur vocation ». Maman et moi avons trouvé cela très sérieux et c’est ainsi que je suis allée neuf mois à Biskra, en Algérie, et en septembre 1960, j’entrais au postulat de Caluire et Cuire. Ce fut ensuite le noviciat à Vénières et à Collonges au Mont d’Or, puis les études doctrinales à Toulouse et enfin le départ à Marseille sur le « Général Mangin » en septembre 1964.

Après 13 jours et demi de traversée et des escales d’une demi ou d’une journée entière, nous sommes arrivées à Abidjan où nous avons dormi une nuit avant de prendre le train pour… Ouagadougou, voyage d’une journée et demie sans couchette, c’était un peu épuisant. Mais nous étions arrivées !

La plus grande partie de ma vie religieuse a été consacrée à l’enseignement technique. En effet, un an après mon arrivée au Burkina Faso, j’ai démarré une section commerciale au Collège Technique Lavigerie qui comportait déjà une section ménagère. Là, je me trouve dans la situation des « commencements » : pas de local, pas d’élèves, pas de machines à écrire, pas de livres, pas de mobilier. Heureusement, après six mois d’étude de la langue, j’avais à peu près six mois devant moi pour me préparer.

La Sœur directrice m’a passé une grande pièce où j’ai pu installer les machines à écrire au fond et les tables des élèves devant. Comme j’assurais tous les cours la première année : 33 heures, à l’exception de l’anglais, on passait des tables de devant à celles de derrière sans perte de temps. Nous avons commencé par les CAP, puis, le niveau augmentant assez vite au Burkina Faso, nous avons entamé les BEP et enfin le BAC G1. Quand j’ai quitté en 1989, j’avais en classe les enfants de mes premières élèves. C’est une de mes anciennes élèves qui, après avoir eu son BAC, puis le BTS à Ouagadougou, est venue trois ans en France préparer le professorat et nous avons fait une année ensemble à la direction; après quoi, elle m’a remplacée. Je suis alors revenue en France pour assurer l’économat des communautés pendant 10 ans et demi, puis de nouveau au Burkina Faso pendant sept ans et demi. Ma chance a été de suivre une session à Rome, destinée aux sœurs âgées de 70-75 ans, pour « apprendre à bien vieillir ». Ce fut vraiment une grâce pour accepter sereinement mon retour définitif en France.

Ce travail auprès des femmes au Burkina Faso répondait vraiment à notre charisme. J’accueillais ces élèves, d’abord sortant de 5e-4e puis avec le BEPC. Je voulais qu’elles deviennent des femmes accomplies dans tous les domaines et j’ai beaucoup insisté sur la conscience professionnelle. J’ai eu de beaux témoignages de ces secrétaires qui préféraient quitter leur travail que de céder aux pressions de leur employeur, ou bien l’une d’entre elles qui une fois m’a téléphoné :  » Ma Sœur, je voulais faire telle chose et puis j’ai pensé  » Si Sœur Madeleine était là je ne le ferais pas  » et je ne l’ai pas fait « .

Dans le collège aussi, nous avions l’habitude de faire  » les amies invisibles « . Cela consiste à mettre les noms des élèves de sa classe dans une corbeille et puis chacune choisit un papier. Tout au long de l’année, elles se font de petits cadeaux et en reçoivent. A la fin de l’année, elles découvrent qui est leur amie invisible. L’une vient me trouver  » Ma sœur, je ne m’entends pas du tout avec celle-ci « . Je parle avec elle et lui dis finalement  » c’est peut-être justement l’occasion de faire un pas vers elle  » et à la fin, elles sont devenues les meilleures amies du monde !

Pour terminer, voici la phrase de Jésus qui m’habite depuis très longtemps et me fait vivre :  » Je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde

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