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Les soeurs Missionnaires de Notre-Dame d'Afrique

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Sr Anne Mellerio – Sentir la détresse des autres et vouloir les aider à s’en sortir

Voici l’interview réalisé par Sr Huguette Régennass  auprès de Sr Anne Mellerio, 102 ans !

Quel est le meilleur souvenir de ta jeunesse ?

C’est je crois d’être née dans une famille très chrétienne. Mon père avait une foi profonde, une grande obéissance au pape et un grand amour pour l’Afrique. Il est mort dans sa 100ème année. De maman, j’ai reçu le goût de la prière, elle présidait tous les soirs la prière familiale, elle était aussi très dévouée.

Quel est le pire souvenir de ta jeunesse ?

À la maison, nous étions cinq filles et quatre garçons, et j’étais l’avant-dernière. Après moi, c’était un garçon, mais lui, c’était un « rejeton » ! Tout cela parce que les huit premiers sont venus au monde tous les deux ans, et lui, il est venu  7 ans après moi. Bien sûr, moi je n’en voulais pas car j’ai été la dernière pendant 7 ans et tout d’un coup maman me lâche complètement. Je me suis sentie larguée… En plus, tout cela on ne l’expliquait pas, maman ne nous en parlait jamais…

Quel est le meilleur souvenir de ta vie en Afrique ?

C’est le jour de mes premiers vœux à Alger, car mes parents, un de mes frères et une de mes sœurs étaient venus… Pourtant, j’ai vécu ce jour avec une telle intensité intérieure, que je n’ai pas gardé de souvenirs matériels concrets. Je vivais l’instant présent avec tout mon cœur, et je ne m’arrêtais pas au reste.

Quel est le pire souvenir de ta vie en Afrique ?

Celui d’un accouchement qui s’est très mal passé. Le bébé est mort et la maman aussi.

Quel est le plus beau jour de ta vie ?

C’est le jour où je suis revenue pour la première fois à la maison, après avoir passé 10 ans en Afrique. Je me souviens de ma surprise en voyant tous mes neveux et nièces, nés depuis que j’étais  partie et que je n’avais donc jamais connus. J’ai eu l’impression qu’ils étaient « légion » et ils avaient presque tous la même taille et la même frimousse !

Quel est le pire jour de ta vie ?

Le jour où j’ai décidé de couper court à une amitié que j’avais avec un jeune homme. Nous nous estimions l’un et l’autre énormément, mais je savais que Dieu m’appelait. Cette décision de mon choix de vie fut un moment très dur. Avec la prière et l’aide de Dieu, j’ai fait le bon choix que je n’ai jamais regretté.

Quelle est selon toi, ta plus belle réussite en Afrique ?

Je ne peux pas parler de réussite au plan matériel, mais plutôt de vie heureuse. Je peux dire que dans les différents lieux de mission où j’ai servi, c’est peut-être à l’Institut Marchoux  de Bamako, au Mali, pour soigner les lépreux, que je me suis sentie vraiment heureuse. C’est exactement le  travail que je désirais, et j’ai été comblée.

Dans quelle situation la plus cocasse t’es-tu trouvée en Afrique ?

J’ai été attaquée par un lion ; un homme a mis son bras dans la gueule du lion en attendant que les villageois arrivent. Ils ont réussi à tuer le lion, mais j’ai eu très peur ! 

Les grands jalons de la vie de Sœur Anne Mellerio

* 1917 : Naissance à Paris.
* 1944 : entrée au postulat
* 1946 : première profession à St Charles en Algérie
* 1947 : Bamako (Institut des lépreux à Marchoux)
* 1952 : Profession perpétuelle à Vénières puis,  Bobo-Dioulasso (Hôpital)
* 1955 : Bamako (Mali) (Institut des lépreux à Marchoux)
* 1961 : Tounouma + Koupéla (Burkina Faso) – remplacements
* 1962 : Bamako (Institut Marchoux)
* 1963 : Congé en France
* 1964 : Bobo-Dioulasso (Hôpital)
* 1968 : Koupéla (dispensaire)
* 1971 : Congé maladie
* 1972 : Rennes (École de la santé publique)
* 1974 : Bobo-Dioulasso (Éducation sanitaire)
* 1983 : Verrières-le-Buisson (infirmière)
* 1986 : Bayonne (remplacement infirmière)
* 1988 : Toulouse, d’abord infirmière à l’aile hospitalière, puis chez  les sœurs aînées.
* 1994 : Meaux & Bayonne (remplacements infirmière)
* 1999 : Toulouse
* 2002 : Villeurbanne
* 2004 : Paris Bon Secours à l’EPHAD Ste Monique, où elle réside encore actuellement.

Quelle est à tes yeux, la meilleure qualité que doit posséder une sœur en communauté ?

Sans hésitation, je dirai la charité fraternelle.

Parmi tous les saints ou grands hommes (femmes) de l’Eglise, lequel t’a le plus influencée ?

Il n’y a pas de saint que je préfère particulièrement dans l’Eglise. C’est toujours la Sainte Vierge qui m’a le plus marquée.

Pour toi en trois mots, être missionnaire c’est quoi ?

C’est sentir la détresse des autres, et vouloir les aider à en sortir.


 
Propos recueillis par Sr Huguette Régennass (smnda)

 

 

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